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«Quand le jazz est là. ta java s'en va » chantait, il y a près de trente ans. Claude Nougaro. Et voilà qu'aujourd'hui après une trop longue fâcherie, jazz et java, swing et musette se retrouvent.
Le vrai blues de Paname: un son. un phrasé, un style unique né dans le Paris populaire du début du siècle, de la rencontre de musiciens d'origine italienne, auvergnate et manouche.
Aujourd'hui sur tes conseils de son ami et maître Astor Piazzolla. Richard Galliano s'est décidé à poursuivre cette tradition musicale urbaine si humaine, en inventant le «New Musette» à l'image du «New Tango». «C'est une manière pour moi de remettre les compteurs à zéro.» Une façon enthousiaste et passionnée de sauver le musette de son image poussiéreuse, une façon non-passéiste d'arracher l'accordéon à ses clichés bon marché. Ainsi, sous ses doigts, cet instrument méprisé des «jazzeux» se métamorphose en une formidable boite à swing, un orgue somptueux aux harmonies chatoyantes et moelleuses.
Au fit de ses rencontres multiples et cosmopolites (Astor Piazzolla l'Argentin. Toots Thietemans le Belge. Antonetlo Salis le Sarde. Ron Carter l'Américain...) Richard Galtiano s est construit, avec la sage patience de ta maturité, une personnalité musicale tout à la fois originale et forte, singulière et généreuse.
Ainsi, il a su dessiner les contours d'un univers sonore à la poésie sensuelle, au lyrisme aérien, au balancement si naturel.
A preuve, ce tout nouvel album où Richard Galliano met à feu et à swing valses, java, et autres cadences populaires avec l'énergie et l'invention d'un grand jazzman, gonflant chaque complainte d'un doux ouragan de tendresse, faisant jaillir de sa boîte magique des mélodies délicieusement entêtantes, embrumées d'un léger halo de mélancolie et de spleen. À l'accordéon Galliano fait preuve d'un infaillible sens de ta mise en place, de l'ouverture et de l'espace, inventant naturellement une qualité de respiration musicale ample, sensuelle et généreuse.
Pour l'accompagner dans sa nouvelle aventure, il a su s'entourer de musiciens d'expérience mais surtout d'exception : Loio Beltonzi. poète des baguettes au drumming si légèrement précis, qui rappelle à notre bon souvenir le merveilleux «maître de balais» qu'il peut être. Pierre Michelot. grand dispensateur des élégances fondamentales, derrière sa contrebasse au son chaud, profond et boisé. Enfin Bireli Lagrene, guitariste manouche brut et immédiat, à peine vingt-six ans et déjà des décennies de musique dans la tête et sous les doigts.
Pascal Anquetil
1. Waltz for Nicky
2. Yava Indigo
3. Viaggio
4. Billie
5. Tango pour Claude
6. Christopher’s Bossa
7. Coloriage
8. Romance
9. Little Muse
10. La Liberte est une fleur
Richard Galliano : accordion, piano
Bireli Lagrene : acoustic guitar, electric guitar
Pierre Michelot : bass
Charles Bellonzi : drums
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